Le nez dévoile qu'est-ce que sentir ?

Amusant de noter que de tous les sens, le nez reste le plus méconnu, celui auquel il était tabou de s’intéresser puisqu’il renvoie à l’instinct.

Puisque j’aime les mots, je remarque que l’on parle toujours de pouvoir de l’odeur. Effectivement, force est de constater que l’on donne d’autant plus d’importance et de poids à ce que l’on ignore. D’où cette fascination qui simultanément fait peur à l’idée de sentir, ressentir ou pressentir. L’odeur ne se contrôle pas, elle se ressent, elle se vit, elle s’éprouve. Elle est présence à chaque instant de la vie. De l’odeur du bébé à celle du cadavre, elles demeurent symptomatiques. J’ai donc éprouvé le besoin d’expliquer simplement comment fonctionne notre odorat.

J’aime donner des clefs de compréhension car elles conduisent à l’autonomie et au plaisir de découvrir toujours plus. Les connaissances scientifiques sont récentes car l’odorat a longtemps été assimilé au mystère. De la perception à la reconnaissance puis l’identification des matières, un véritable circuit ou parcours olfactif se dessine dans notre corps. On appelle OLFACTION la fonction sensorielle et sensitive qui assure la perception des substances odorantes. Notre nez contient ce qu’on appelle des fosses nasales tapissées de cils olfactifs.

L'incroyable parcours du message olfactif

Des cellules glandulaires présentes dans la muqueuse nasale produisent un mucus. Ce dernier tapisse l’épithélium olfactif et cela permet une sorte de nettoyage automatique. Cela évite toute forme de saturation. Cette muqueuse est composée de neurones olfactifs primaires et les cils baignent dans la couche de mucus. Les muqueuses sont très sensibles et elles sont dotées de petits capteurs ou cellules réceptrices. Elles reçoivent donc l’information comme un message électrique qu’elles transmettent au cerveau.

Le message connecte le bulbe olfactif qui est situé juste derrière le haut des sinus. Une image sensorielle est alors projetée comme sur un écran. La mémoire enregistre alors cette information dans sa bibliothèque. Le nerf olfactif bascule ensuite l’image au cerveau qui doit déchiffrer et coller une étiquette en quelque sorte. On peut coder des odeurs sans aucune saturation durant une vie entière. Seule la capacité à mémoriser et reconnaître nécessite de l’entraînement et du courage. L’avantage réside dans le renouvellement des cellules. Notre capacité olfactive est assurée en permanence par une régénération. C’est absolument remarquable pour un tissu nerveux. En principe, on ne perd aucune capacité avant 70 ans sauf virus grave.

Il existe donc un enjeu majeur sur ce plan de la mémoire. J’aimerais tellement contribuer à la prévention des pertes de mémoire et entraîner ceux qui le veulent à les éviter.

Les neurosciences et la psychologie cognitive nous renseignent sur l’existence de trois cerveaux :

1. Le reptilien qui correspond à l’instinct (ex : peur, faim…)
2. Le limbique qui représente l’émotionnel (ex : échec, plaisir…)
3. Le néocortex appelé aussi pédagogique parfois car cartésien (ex : compréhension, logique, conscience et analyse).

Je voulais introduire ce concept des 3 cerveaux uniquement pour répondre à la question de la perception. Cela, de manière à enrichir la compréhension sur l’odorat.

Pourquoi on aime ou pas une odeur ?
Une personne ? Un endroit ?

C’est ce qui est fascinant avec l’odeur : le chemin de l’olfaction reste le seul que l’on parcourt sans analyse. Le cerveau limbique prend le pas sur le néocortex et nous évite ainsi de réfléchir. Une odeur bouleverse, touche, émeut, capte ou dégoûte mais personne ne l’arrête ou conceptualise parce qu’avant tout elle s’impose. La puissance de l’olfaction réside, à mon sens, en cet endroit stratégique du fonctionnement du cerveau. Le nez est le seul organe sensoriel en prise directe avec l’amygdale et le cerveau. Le système limbique s’avère d’autant plus stratégique, qu’il comprend l’hypothalamus, siège de la faim, de la soif, du réveil et du désir sexuel, et l’hippocampe, qui intervient dans le processus d’apprentissage et de mémorisation. Toutes nos émotions, nos pulsions, nos instincts y sont localisés. Qui ne saurait aspirer à l’équilibre de tous ces sujets dans son quotidien ? Et quoi de plus ludique pour y parvenir qu’apprendre ou ré apprendre à sentir et ressentir ?

Aucun autre sens ne peut agir sur notre système hormonal et notre mémoire comme lui. Je suis persuadée et j’ai hâte d’être convaincue par des scientifiques pour croire en mes intuitions sur ce sens le plus profond de sens.

A.M.

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Adeline Monney
Coach sensoriel Monneysens